Ville au coeur de pierre

KÄHKÖNEN Sirpa

1922. Klara et Ilia, communistes, ont quitté la Finlande – sur leurs skis – pour l’URSS qu’ils croient une terre de liberté. À Petrograd, ils se reconstruisent une vie laborieuse parmi des camarades exilés qui, comme eux, ont soif de changement et croient en l’homme nouveau. Dans une école, puis dans un ancien palais, ils s’occupent des enfants abandonnés et travaillent dur, obéissant avec conviction au Parti et entourés d’amis. Klara adopte deux enfants quasi sauvages et les apprivoise. Mais Lénine meurt et les temps changent. S’annoncent les grandes purges impitoyables…  Sirpa Kähkönen, jeune écrivaine finlandaise, s’est déjà attachée à relater les années sombres de la guerre civile en Finlande, en 1918, qui virent la défaite des Rouges soutenus par les bolcheviks. Le choix d’une jeune narratrice naïve, pleine de fougue et de foi et dont les yeux se dessilleront lentement, et souvent dans la douleur, nous met au coeur des événements. Les derniers chapitres, plus impersonnels, sont plus durs aussi. Ce récit, d’abord linéaire, est facile à suivre et émouvant souvent, surtout à la fin quand le seul espoir est l’exil. Mais trop de détails allongent inutilement le récit. (A.V. et M.-C.A.)