Exil

EJERSBO Jakob

Années quatre-vingt en Tanzanie. Samantha, quinze ans, est interne dans une école chic que fréquentent les enfants des expatriés européens et des riches Africains. Son père, violent, est mêlé à des affaires louches tandis que sa mère n’échappe au désespoir et à l’alcool que par la fuite. L’adolescente, mauvaise élève et hostile aux conventions, n’a pour soutien que sa soeur aînée. Livrée à elle-même, elle multiplie les expériences douteuses et douloureuses, provoque les garçons, fume et boit, touche à la drogue. Toujours en mouvement, toujours en quête d’autre chose, elle ne trouve pas sa place. L’écrivain danois, mort à quarante ans en 2008, offre le premier volet de sa trilogie africaine, largement nourri de son expérience personnelle. Il propose une satire féroce des expatriés européens qui s’enferment dans une société insupportable de facilité et de supériorité. Il dresse aussi un portrait sans indulgence de l’Afrique postcoloniale, de la Tanzanie où règnent corruption et despotisme. Mais surtout, dans une abondante logorrhée, il donne la parole à une jeune rebelle, sans repère et sans modèle, incapable de grandir, agaçante et attachante, à la dérive. Ce roman, à l’écriture rapide, directe, crue, claque comme un réquisitoire sans appel contre l’Occident.