(In)visible

WALKER Sarai

Prune est obèse. Elle se cache, suit des régimes draconiens, envisage une opération. Elle répond aux e-mails angoissés des lectrices d’un magazine pour adolescentes. Contactée par un organisme qui lutte contre l’asservissement des femmes aux diktats qui prônent une silhouette squelettique, elle se prête à des séances traumatisantes destinées à la libérer et la rendre « baisable ». Elle s’affiche dans des tenues extravagantes, répond aux insultes, vole de la lingerie et se goinfre puis se retrouve impliquée dans un mouvement féministe terroriste qui veut changer le regard masculin sur les femmes… Calvaire des gros ? Calvaire des minces ? Dénonciation des cures d’amaigrissement et de certaines pratiques chirurgicales? Lutte contre ceux qui font du corps féminin un un objet de séduction et de désir? Ces questions sont très présentes dans ce premier roman aux accents autobiographiques. On peut rester sceptique devant la « théorie de la baisabilité » et la soi-disant « renaissance » de Prune qui, sourire aux lèvres, augmente son poids. Un récit parfois confus et houleux, habité de nombreux personnages, « pimenté » de quelques scènes pornographiques et peu indulgent pour les hommes… Cependant l’héroïne reste émouvante et souvent crédible dans son pathétique combat pour satisfaire aux critères imposés par la mode. Un livre qui invite à « un réveil des consciences » selon le souhait de l’auteur. (M.F. et A.-M.D.)