Solaire

CHARTRES Fanny

Sara et son petit frère Ernest sont soudés. Ils veillent l’un sur l’autre, et ensemble sur leur mère, très dépressive. Dans cette famille ce sont les enfants qui sont les adultes et qui prennent tout en charge. Et pour Sara c’est trop. Elle en perd l’appétit, devient anorexique. Ernest comprend que sa soeur est en danger, il décide, du haut de ses neuf ans, de devenir « l’homme » de la maison et de redonner joie et appétit à sa soeur. Ce roman tout en finesse raconte le quotidien difficile de deux enfants, mais aussi l’amour qui les lie. Quand leur mère a des crises d’agressivité, les enfants font tout leur possible pour calmer le jeu. Quand leur père vient les prendre pour le week-end, ils s’inquiètent pour leur mère, et quand Ernest comprend que sa soeur est malade, plus rien ne compte que la guérir avec des plats poétiques. Les enfants ne sont pas complètement seuls, ils peuvent compter sur l’infirmière du lycée, une voisine, leur père, et un frère et une soeur amis : autant de personnages secondaires attachants mais qui réagissent sans mesure la gravité des faits. Un roman irréaliste écrit d’une jolie plume, paradoxalement optimiste, qui surfe légèrement sur le fantastique (des héros de livres d’enfants narguent ou aident selon les cas le petit Ernest). On peut regretter que l’auteure n’ai pas assez joué sur l’onirisme et la fantaisie, en restant trop dans la vie quotidienne, ce qui entraîne des problèmes de crédibilité. (A.E. et A.-M.R.)