Cevdet Bey et ses fils

PAMUK Orhan

Istanbul 1905. Cevdet Bey est un commerçant prospère ; une famille, des affaires florissantes suffisent à le contenter et il ne se mêle pas de politique. Devenus adultes, ses fils reprennent ses affaires tandis que l’Allemagne annexe l’Autriche. Leurs amis suivent des voies différentes et les joutes oratoires entre jeunes intellectuels animent les réunions de famille jusqu’à la troisième génération. Ce premier livre d’Orhan Pamuk paraît en 1982. Déjà jugé contestataire dans son pays, il signe une oeuvre polyphonique qui s’étend sur trois générations de Stambouliotes où famille et ambition tiennent une place importante. Deux frères, quatre amis : l’auteur décrit par le menu train de vie, ambiance familiale, traditions et rassurantes habitudes. S’attardant de manière trop répétitive sur les auto-apitoiements existentiels de ces jeunes bourgeois cherchant à donner un sens à leur vie, Pamuk n’imprègne pas encore ce roman de grande ampleur de la lucidité de son regard (Istanbul souvenir d’une ville, NB juin 2007). Il souligne le besoin de réformes de la Turquie, évoque la contestation grandissante et donne toute leur place à ses personnages féminins. Malgré l’époque, la politique n’est qu’effleurée, cédant la place à la narration romanesque, véritable signature de l’auteur.