Tango

OSORIO Elsa

Qui, mieux qu’Elsa Osario, révélée par Luz ou Le Temps sauvage (NB novembre 2000), peut relater l’histoire du Tango, de sa création en Argentine à la fin du XIXe siècle, considéré alors comme vulgaire ? Indécent, il est réinventé par Paris dans les années 1920 qui le raffine, l’assouplit, le sublime. Cette passion pour la danse sert de trame pour narrer le destin de deux familles argentines aux antipodes de l’échelle sociale, sur plus d’un siècle. Ana, une Parisienne issue d’une riche famille terrienne de Buenos Aires, et Luis, descendant d’une famille modeste qui participa à l’évolution du pays, ferment la boucle.  Cette superbe leçon de danse commence par une écriture confuse, embrouillée, les pas s’emmêlent comme la foultitude de personnages d’hier et d’aujourd’hui. Puis le rythme du tango, violent, passionné s’accélère, le style de l’auteure colorant cette saga argentine entre Buenos Aires et ses révoltes, et Paris, symbole de la liberté. Ce sont trois époques qui évoluent comme les passes envoûtantes du tango avec d’indéniables longueurs.