Mais qu’est-ce qu’on va bien faire de toi ?

NOZI√ąRE Jean-Paul

Camille, dit Fanfan, est pensionnaire dans un lyc√©e et il pourra pr√©parer le concours d’entr√©e √† l’√Čcole Normale si ses r√©sultats restent brillants. Porteur des attentes de ses parents, eux-m√™mes instituteurs, il aspire √† quitter le lyc√©e en fin de 3e pour √©chapper √† Fellouze, le redoutable surveillant qui r√®gne sur l’√©tude et le dortoir. Son quotidien est perturb√© de soucis inavouables (l’√©nur√©sie) et d’exp√©riences interdites : les polars, les filles. Tout repose sur le concours : il √©choue.

Construit par retours en arri√®re, le r√©cit √† la premi√®re personne fait vivre les affres d’un bon √©l√®ve confront√© √† l’√©chec, √† la peur de d√©cevoir des parents qui ne voient pas d’autre avenir pour leurs enfants que la carri√®re qu’ils ont eux-m√™mes embrass√©e. Le pensionnat est lugubre √† souhait, le pion sadique comme on l’attendait et le roman se d√©roule dans un univers √©bauch√©, mais pas ancr√© dans un paysage : la Loue, le trou dans la haie et l’√©olienne du champ d’√†-c√īt√© sont insuffisants √† camper le Jura. L’impression que le h√©ros n’a jamais risqu√© grand-chose, qu’il a des peurs de bon √©l√®ve, emp√™che d’adh√©rer vraiment au r√©cit. L’ambiance ann√©es 50 retiendra-t-elle le lecteur adolescent d’aujourd’hui ?