Le Portrait.

PEARS Iain

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Au d√©but du XXe si√®cle, √† Paris alors capitale mondiale des arts, deux √©tudiants en peinture deviennent amis. Henry, √Čcossais pauvre, est subjugu√© par William, riche Anglais tr√®s cultiv√©. Leurs √©tudes termin√©es, William devient critique d‚Äôart, vite c√©l√®bre, donc tout-puissant. Henry se sp√©cialise en portraits mondains. Apr√®s des ann√©es de s√©paration, William vient poser pour son portrait √† l‚Äô√ģle d‚ÄôHouat, refuge solitaire d‚ÄôHenry. Devant son mod√®le r√©duit au silence, Henry, dans un long monologue, subtil, mordant, tr√®s r√©v√©lateur, exprime sa rancoeur, sa jalousie puis son cynisme.

 

L‚Äôauteur conna√ģt tr√®s bien le milieu artistique d‚Äôhier et d‚Äôaujourd‚Äôhui, ses rivalit√©s mais aussi les difficult√©s du m√©tier. Il analyse en sp√©cialiste les subtilit√©s techniques d‚Äôun tableau (Cf. Le monde de Scipion, N.B. d√©c. 2002). Fascin√© par la plong√©e dans les profondes noirceurs psychologiques, la perspective d‚Äôune mort annonc√©e, la complicit√© des √©l√©ments d√©cha√ģn√©s et la prouesse stylistique du monologue unique, le lecteur admire la performance toujours renouvel√©e d‚Äôun √©crivain de grand talent.