Débarrassés du bonheur

AYMARD Sylvie

Jeune femme de trente ans, Servanne réside depuis un an dans une maisonnette perdue au fin fond d’une campagne. Assaillie par des cauchemars récurrents, elle décide brusquement d’en partir. Ses parents sont morts noyés au cours d’un voyage au Viêtnam lorsqu’elle avait dix-huit ans. Un de leurs amis, le charismatique Mundi, l’a recueillie. Elle le connaît depuis toujours : oncle protecteur, puis amant. Elle le quitte au bout de cinq ans. Enfin, d’errance en errance, elle aboutit dans le petit village de montagne où est née sa mère. Elle s’y sent bien… momentanément.

  Il semblerait qu’il y ait toujours cette tristesse latente dans l’oeuvre de Sylvie Aymard (C’est une occupation sans fin d’être vivant, NB avril 2013). Une jeune femme en quête de liberté, mais peu sûre d’elle et instable, cherche à s’accomplir. Un homme mûr, amoureux, fait de la recherche effrénée du bonheur un but ultime. Il utilise imprudemment un individu déraciné, sombre et taiseux, pour pister l’héroïne, son ultime rempart contre la solitude. Ce sont de beaux portraits de personnages pleins de fêlures que l’auteur trace d’une écriture sèche, dense, percutante. Un livre frappant, séduisant, empli d’humanité. (A.M. et L.G.)