Toute seule loin de Samarcande

DERU-RENARD Béa

Sous l’arbre où la dame l’a brutalement jetée hors de la voiture, Regina se remémore son passé. Les jours heureux où son grand-père maternel racontait les légendes d’Arménie, pays d’origine de sa famille, le départ de leur village avec ses parents pour la belle ville de Samarcande, en 1991, au moment où l’Ouzbékistan est devenu indépendant de l’URSS, et puis le début du malheur. L’ostracisme des Ouzbeks envers les étrangers, son père assassiné sous ses yeux, la décision brutale de sa mère de fuir en Europe et la séparation déchirante d’avec ses grands-parents et son amie Layla. Quel peut être le sort d’une petite réfugiée de 14 ans si loin de son pays ?C’est à cette question que répond l’auteure dans sa postface où elle remercie les personnes dont elle s’est inspirée pour raconter cette histoire. Les témoignages qu’elle a recueillis donnent beaucoup de force et d’émotion à ce roman qui, à travers le sort de Regina, raconte avec un accent de vérité celui de beaucoup de jeunes réfugiés qui, au sortir d’un centre de la Croix Rouge, seront scolarisés puis intégreront éventuellement une université. Mais ensuite, rester ou repartir dans son pays d’origine ? Peu d’entre eux en auront le choix.