L’invention de Hugo Cabret

SELZNICK Brian

Hugo est orphelin, hébergé clandestinement dans les combles de la gare dont il entretient les horloges à la place de son seul parent, un oncle ivrogne qui disparaît une fois de plus. Hugo a hérité de son père son don pour la mécanique, et un automate, endommagé lors de l’incendie qui lui a coûté la vie. Contraint de voler pour manger, le garçon se procure les pièces nécessaires pour réparer la machine chez un marchand de jouets qui un jour le surprend et…  Ce gros « roman en mots et en images » se dévore. Les illustrations à la mine de plomb prennent le relais du texte, serrant au plus près sur les visages, les mains, les rouages, élargissant sur l’ancienne gare Montparnasse, plongeant dans les rues de Paris, jouant d’effets de brume et de lumière comme une caméra, dans un flash back qui ramène à la fin du XIXe siècle. Car c’est de cinéma qu’il est question : celui des premiers films qu’Hugo découvre avec Isabelle en resquillant. L’iconographie fait des clins d’oeil au scénario : Harold Lloyd suspendu à une horloge géante, l’entrée du train en gare de la Ciotat, et surtout Méliès, l’enchanteur, dont l’automate retrouve les dessins. Restitution d’une époque, filmographie commentée, anecdote circonstanciée sur les automates, nourrissent sans l’alourdir cette histoire pleine de rebondissements qui a la fraîcheur des vieux films muets. Pour tous à partir de 10 ans.