Les quatre fugues de Manuel.

DÍAZ Jesús

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En 1991, le jeune Cubain Manuel, brillant stagiaire dans un Institut de physique de Kharkov, apprend qu’il est renvoyé à Cuba où il ne pourra poursuivre ses études. Aidé par ses amis, il fuit une première fois en Suisse d’où il est expulsé. Revenu à Moscou, aidé par la Chilienne Ayinray, il part vers la Finlande, aboutit au même résultat. Revenu très malade, encore sauvé par Ayinray, il tente de se réfugier en Suède, via la Pologne. Lors de sa quatrième fugue, en compagnie d’un Russe à moitié fou, il finit par se retrouver en Allemagne où sa situation se stabilisera.

 

La conduite de Manuel, qui se laisse porter par les événements plutôt qu’il ne les dirige, paraît souvent peu cohérente et ses errances répétitives et encombrées de détails peuvent lasser le lecteur. L’histoire contée par Jesús Díaz, Cubain décédé en exil en 2002 (La peau et le masque, N.B. oct. 1997), est authentique. L’accueil fait en URSS à la perestroïka est effleuré. L’intérêt réside dans la peinture des divers systèmes policiers des états traversés, de la façon dont sont traités fugitifs, demandeurs d’asile et sans papiers en Europe.