Les gouffres

CHOPLIN Antoine

Dans un monde qui « commence à se dissoudre », deux routards solidaires, traversant d’énormes gouffres, s’en vont vers l’océan. Wagram, un ouvrier, interrompt la chaîne du Cours des Choses en rêvant à la fleur magnifique qui va bientôt éclore. Un mathématicien, interné dans un camp, démontre la conjecture d’Olga, scientifique reconnue de tous et décédée depuis peu. Enfin, une étrange machine, sorte de limonaire, est promenée, la nuit, dans une ville complètement déserte ; sa musique est destinée aux détenus dans les caves. Les quatre brèves histoires réunies dans ce dernier ouvrage d’Antoine Choplin (La nuit tombée, NB février 2013) se situent dans un univers fantomatique de science-fiction, dangereux et angoissant. L’homme y apparaît fragile et ne peut survivre qu’en s’évadant, que ce soit dans le rêve, les mathématiques ou la musique. L’entraide, l’amitié, l’espoir d’amour, l’étude permettent à chacun d’avancer dans un monde où les femmes, porteuses de bonheur, restent en toile de fond. L’écriture, volontairement sobre, convient parfaitement à ces fables à la fois inquiétantes et réconfortantes.