Les clairvoyantes.

GIBBONS Kaye

Issue d’une famille bourgeoise, aisée et conventionnelle de Washington, Mary, la narratrice, est appelée à se rendre dans le Sud, en cette année 1918, auprès de sa tante Maureen, à peine plus âgée qu’elle, prête à accoucher. Dès son arrivée la jeune fille découvre en son oncle (demi-frère de sa mère) un tyran cruel, infligeant des sévices mentaux à sa femme et à sa domesticité noire. Un amour profond, parfois ambigu, naît entre la tante et la nièce. Celle-ci, nullement impressionnée par son oncle, aidera Maureen à reprendre son indépendance après la mort du bébé. La guerre de 14-18, l’épidémie de grippe espagnole effleurent à peine cette histoire familiale et intimiste, très caractéristique des romans de Kaye Gibbons (Cf. En mon dernier après-midi, N.B. nov. 1999). Elle est axée sur la psychologie du sexe dit faible et l’émergence du féminisme, l’élément masculin jouant un rôle mineur. Le ton est léger, humoristique ; il rappelle celui des auteurs féminins américains du début du XXe siècle.