Le vendeur de saris.

BAJWA Rupa

Amritsar s’éveille. Dans sa pauvre chambre, un vendeur de saris, orphelin désemparé, a somnolé trop tard et se fait houspiller par son patron, tandis que dans les beaux quartiers, d’opulentes épouses contemplent la décoration de leurs maisons et songent aux tâches du jour : préparation d’un mariage, visites, achats, de saris entre autres… Ainsi, dans la boutique du bazar, se croisent deux mondes aux antipodes : les nantis, qui étalent pouvoir et argent, et la troupe souffrante des pauvres, à leur merci. Le héros essaye bien de sortir de sa routine asservissante, mais le malheur d’une femme, son atroce assassinat commandité par un industriel l’anéantissent. Il retourne à son travail, seule survie possible.  Écrit par une jeune femme en rupture de traditions, ce premier roman, intelligent, coloré des charmes orientaux du bazar, oppose vigoureusement la prétention, la sottise, l’inhumanité des uns, la timide solidarité, les joies simples des autres : le cinéma du dimanche, un repas entre collègues dans une gargote… Et dans cette société barricadée dans l’exclusion et le profit, les somptueux saris continuent d’être dépliés devant de jacassantes clientes…