Le papier ne peut pas envelopper la braise

PANH Rithy, LORENTZ Louise

Elles sont une demi-douzaine de prostituées cambodgiennes à s’entasser dans ce petit appartement insalubre au sommet d’un grand complexe immobilier délabré, dit « le Building », en plein centre de Phnom Penh. C’est la grande pauvreté qui les a fait quitter village et famille, et les a menées à cette vie sordide dans l’espoir de faire vivre les leurs. Exploitées et rackettées par des souteneurs, couvertes d’emprunts, humiliées par les clients, malades du sida, engrossées, avortées, elles se droguent pour tenir le coup.  L’histoire pathétique de ces filles donne la mesure des conditions effroyables de la prostitution au Cambodge : tableau très noir traversé par des moments de poésie, d’amour et de solidarité. L’auteure, cinéaste cambodgienne a produit des courts métrages dont l’histoire de ces prostituées. Malgré un récit assez répétitif, la personnalité des filles est rendue avec sensibilité. Dans ce témoignage bouleversant l’auteure, avec la collaboration de Louise Lorenz, fait oeuvre de prise de conscience.