Le monde entier est ma cachette

CHAVENT Jean-Paul

En partance pour l’Espagne, Marge lit le roman écrit par son ancien amant Julius et s’y reconnaît sous les traits de Sara. À Barcelone, Arthur qui devait l’attendre est introuvable. Ombre apocryphe de Sara, elle pérégrine alors, entre fiction et réalité, avec Chad, passager clandestin de sa schizophrénie permanente. Cette coexistence de deux êtres en un donne naissance, au cours d’un long périple espagnol, à un dialogue incessant entre Marge et son double masculin qui souvent la morigène. On vogue sur des fantasmes, dans une curieuse atmosphère où les expériences sexuelles teintées de sadomasochisme s’entremêlent avec une réflexion philosophique quotidienne sur l’existence et les gens rencontrés. Malgré un style imagé et parfaitement maîtrisé, cette chimère s’égare dans les méandres d’un long récit dont l’intérêt et la crédibilité vont s’affaiblissant. La clé de cet ambitieux roman sophistiqué et de son parfum incestueux n’est donnée qu’à la dernière page de cette histoire étirée que l’on abandonne sans regret, sauf à en reprendre une lecture, alors éclairée par le dénouement désormais connu.