Le grand n’importe quoi

ERRE J.-M.

Il se passe de drĂŽles de choses en 2042 dans le village de Gourdiflot-le-BombĂ© enrichi par un Ă©levage de lĂ©muriens malgaches. Superman et Spiderman se rencontrent dans une soirĂ©e costumĂ©e frĂ©quentĂ©e par des culturistes, une soucoupe volante atterrit dans le jardin du PĂšre Cadick, le taiseux du coin. Un garçon, si intelligent que sa mĂšre le croit fils d’extra-terrestre, participe Ă  une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision dĂ©bile. Des rĂ©fugiĂ©s arrivent d’un Monaco islamisĂ©, deux hommes dans un bar livrent des rĂ©flexions d’une grande portĂ©e philosophique, Alain Delon chef de file des homonymes anonymes se suicide, un auteur ratĂ© rencontre Marylin Monroe.  Cette parodie de roman de science-fiction est drĂŽle. L’humour accrocheur de l’auteur, enseignant en lettres (La fin du monde a du retard, NB mars 2014) frisant l’absurde, ne reniant pas le bouffon, peut finir par lasser. Mais clins d’oeil philosophiques, allusions pertinentes et drolatiques Ă  la physique quantique, Ă  la tĂ©lĂ©vision, variĂ©tĂ©s ou ruralitĂ© Ă©pinglĂ©es, sont servis par une Ă©criture soignĂ©e, riche d’une cavalcade de saillies foutraques, de mĂ©taphores futĂ©es, d’insinuations fantasques. Tous ces Ă©vĂšnements cocasses trouvent une explication logique. On peut la trouver dĂ©cevante, mais on passe un bon moment. (D.C. et C.R.P.)