Le diable dans la peau

HOWARTH Paul

Bush australien, fin du XIXe siècle. Billy, seize ans, et Tommy, quatorze ans, retrouvent père, mère et soeur sauvagement assassinés. Un riche voisin,  » Blanc aussi « , accuse un aborigène d’être l’auteur du forfait. Prétexte à une longue traque contre une tribu à laquelle se joignent, avec des sensibilités dramatiquement contradictoires, les deux garçons survivants.  Cette fiction sur fond historique permet à Paul Howarth de développer un épisode de l’histoire de l’Australie : l’engagement de nombreux colonisateurs européens dans les massacres collectifs des aborigènes du centre de l’Australie. Écrite dans un style imagé, cette intrigue, ponctuée de scènes très fortes, parfois difficilement supportables, retrace au plus près la haine farouche des personnages, ancrée dans les antagonismes raciaux. Mais le roman vaut autant par la remarquable étude psychologique d’une fratrie : une fine analyse des caractères des deux jeunes frères très souvent en désaccord selon les circonstances, l’un faible et cupide, l’autre contestataire, toujours tiraillés entre courage et pleutrerie, honnêteté et mensonge. Fusionnels au départ, puis profondément marqués par des traumatismes successifs, leurs destins ne tarderont pas à diverger. Le livre vaut mieux que ne le laisse présager son titre. (L.D. et F.L.)