La vie parfaite

AVALLONE Silvia

Années 2000. Les grandes tours des Lombriconi, cité désespérante de la banlieue de Bologne. Là vit Adèle, dix-sept ans, enceinte de Manuel, en rupture de lycée, impliqué dans des trafics illicites, indifférent à cette maternité non désirée. Abandonnera-t-elle ce bébé, malgré l’aide de Zéno, l’ami fidèle qui rêve d’écrire un roman ? Dora, son professeur verra-t-elle sa douloureuse et obsessionnelle stérilité comblée par une adoption enfin acceptée ?  La peinture de ce monde aux marges des métropoles, d’un réalisme poignant, fait émerger la profondeur très étudiée des principaux personnages où les frontières entre visible, ressenti, non-dits, sont d’une grande subtilité. Leur douloureuse violence traduit une insatiable soif d’amour. Le désir d’enfant, la responsabilité d’être parents quand les siens sont si désastreux et les pères absents, la joie d’être mère, autant de thèmes développés dans ce roman, beau, puissant, intense, sensible. L’auteur (D’acier, Livre du Mois NB mai 2011), à l’écriture parfois crue, aux phrases en rupture de rythme, aux qualificatifs d’une justesse percutante, raconte des histoires enchevêtrées qui suscitent un questionnement aigu sur notre actualité sociale, sur la solitude de ces adolescents perdus, fragiles, espérant si fortement une vie parfaite.  (A.C. et L.G.)