La fuite (Les innocents coupables ; 1)

GALANDON Laurent, ANLOR

1912, les gendarmes aux pantalons rouges étaient les « vermillons » et les policiers faisaient partie de la « rousse ». Quatre jeunes adolescents sont emmenés dans la maison de correction « les marronniers ». Ils ont été arrêtés pour des délits insignifiants et, conformément aux habitudes d’alors, débarquent dans une véritable prison pour mineurs, une cage aux fauves. L’autorité y est déléguée par les gardiens aux anciens, les plus agés, qui en profitent. L’un des quatre gosses, parce qu’il se prétend le fils de Bonnot, réussit à s’en faire respecter, mais le plus jeune, le plus faible, devient rapidement le souffre-douleur de tous. La vie devient vite impossible, il faut fuir à tout prix !

Ce premier album d’une série de trois expose clairement l’horreur du monde réservé aux adolescents d’alors : à l’extérieur, la misère, et dans l’univers carcéral, la violence entre gamins en qui l’administration ne voit que des chenapans à mater. La dureté générale évoquée tout au long de ces planches est accentuée par une plume précise donnant naissance à des personnages aux traits caricaturaux et rudes, et créant un décor froid et désolé, rehaussé par une palette de couleurs particulièrement glacées.