Garance (Une bien belle nuance de rouge ; 1)

MAURICET

Garance est l’ado type : mal dans sa peau, fagotĂ©e en gothique, fascinĂ©e par la mort, sans chaleur avec sa psy et son pĂšre, veuf, qui vit seul avec elle. Elle fait la connaissance d’un ĂȘtre troublant, Ă©chevelĂ© au teint cadavĂ©rique, engoncĂ© dans un immense pardessus noir, qui parle aux statues du cimetiĂšre voisin. Une amitiĂ© Ă©trange s’installe entre Garance et l’inconnu qu’elle dĂ©couvre peu Ă  peu ;  il ne sort que la nuit, dĂ©teste les miroirs, et est attirĂ© par le sang au moment oĂč Garance se blesse. Un vampire ?

Dans la veine actuelle,  si « tendance », des oeuvres de vampires, Mauricet entre par la grande porte de la qualitĂ©.  C’est avec un art consommĂ© du rĂ©cit qu’il fait naĂźtre cette relation entre une gamine en pleine recherche d’identitĂ© qu’il rend attachante, et cet ĂȘtre venu d’ailleurs Ă  la personnalitĂ© complexe. Il est presque touchant par sa mĂ©connaissance du monde des jeunes, par la dĂ©licatesse de ses sentiments et son souci de cacher sa vraie nature. L’auteur, grĂące Ă  son dessin d’une grande prĂ©cision campant des personnages rĂ©alistes autour de la jeune hĂ©roĂŻne, crĂ©e un monde oĂč l’humour ne manque pas, empli de poĂ©sie avec les phrases souvent sibyllines du roman Le Rouge et le Noir. Il sait donner envie de retrouver rapidement Garance.