J’ai entendu le savant astronome

WHITMAN Walt, LONG Loren

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Dans sa chambre entièrement décorée de nuages, planètes et galaxies, l’enfant noue sa cravate, le regard ailleurs. Il doit accompagner ses parents à la conférence que donne un savant astronome. Perdu dans les immenses salles, seul enfant au milieu d’un public adulte compassé, il s’ennuie et préfère, sa fusée à la main, rêver, devant une sphère céleste, de ciel, d’espace, et de l’infini de la nuit.

 

Dans un registre pictural intense, qui dégage une atmosphère à la Hopper, le cadre américain , tout entier dans les monumentales proportions du musée, semble réduire l’enfant narrateur à un état de fragilité, voire d’innocence, qui tranche avec les adultes applaudissant sans réserve la conférence. Double opposition que celle de l’enfant rêveur face aux certitudes « savantes » des « grands », symbolique de la science réduisant l’univers en équations arides, et privée de l’imagination capable « d’englober le monde entier », comme le souligne une citation d’Einstein placée en postface. Le message est subtilement décliné dans de belles et grandes images pleine page, mais l’album garde un aspect un peu détaché qui n’emporte pas complètement l’adhésion.