Gaspard des profondeurs

RAMBAUD Yann

Son pĂšre les a quittĂ©s : pour le retrouver, Gaspard fugue et part vers le sud. Suivi par un drĂŽle de chat au regard insistant, repĂ©rĂ© par le chauffeur du bus, il trouve refuge dans une ferme oĂč un jeune garçon, HonorĂ©, dĂ©cide de l’accompagner dans son pĂ©riple. Chaque fois que Gaspard s’endort, une petite musique lui ouvre les portes d’un monde Ă©trange habitĂ© par des hommes-arbres, les « troncs » et Mamie, une matriarche tutĂ©laire, sorte de grand-mĂšre sorciĂšre un peu rebouteuse
 Les interfĂ©rences entre le monde de ses rĂȘves et la rĂ©alitĂ© quotidienne s’accumulent, tandis qu’il poursuit sa galĂšre chaotique avec HonorĂ©.

Oscillant sans cesse entre rĂ©alitĂ© et imaginaire, le rĂ©cit se nuance progressivement de connotations psy plus ou moins clairement expliquĂ©es, gĂ©nĂ©rant un bel embrouillamini entre le motif de la fugue et l’évolution psychologique du hĂ©ros Ă  travers ses aventures rĂȘvĂ©es. Le monstre que Gaspard doit affronter, c’est en fait la mort de son pĂšre, Ă  laquelle fera Ă©cho brutalement, Ă  la fin du livre, celle d’HonorĂ©, atteint d’une maladie incurable. Beaucoup de longueurs et des incohĂ©rences : au style ampoulĂ© de descriptions au vocabulaire compliquĂ©, s’enchaĂźne le ton argotique des dialogues. Sur le dĂ©ni du deuil, le roman, sensible et inventif au dĂ©but, se fait troublant, hallucinant parfois, presque morbide