D’origine italienne

PLANTAGENET Anne

Fuyant la montée du fascisme en Italie avec sa famille, Placide quitte son Frioul natal et émigre en Bourgogne. Vite naturalisé, il se marie avant d’être mobilisé, envoyé au front et fait prisonnier. Cinq années de stalag. Il rentre en 1945 et fonde enfin, modestement, sa famille. Voulant rendre hommage à cet homme taiseux, simple et dur à la peine, sa petite-fille, devenue écrivain, interroge Danièle, sa mère, fille aînée de Placide.  Anne Plantagenet (Appelez-moi Lorca Horowitz, NB mai 2016) ne cache pas une préférence de toujours pour son ascendance paternelle, pied-noire d’origine espagnole, chaleureuse et tactile, radicalement différente de la branche maternelle italienne à la rugosité taciturne. Comme dans Trois jours à Oran (NB février 2014), elle entremêle à sa quête de souvenirs familiaux l’évocation de son propre itinéraire sentimental marqué par une séparation récente encore douloureuse. En essayant de comprendre la personnalité de son aïeul, elle se rapproche avec tendresse de sa mère hypersensible, fragilisée par la maladie. Par un jeu de miroirs, le récit sur le grand-père devient le livre sur la mère. C’est elle alors le sujet principal de cet ouvrage sur la différence, l’imprégnation des origines et la transmission même inconsciente. Sensible et émouvant.   (T.R. et L.D.)