Décadence fin de siècle

WINOCK Michel

Après 1885, écrivains et journalistes français commencent à dénoncer les dysfonctionnements du pays, pointant et amplifiant selon leur idéologie différents événements qui montrent que la France est touchée par la décadence. L’effondrement de la natalité, l’essor de l’immigration, le ralentissement économique, la crise agricole, le phylloxéra, le déclin de l’Église catholique, la propagation de la syphilis,… sont interprétés et commentés selon les idées progressistes ou conservatrices des uns et des autres. Les imprécateurs triomphent et la fin du siècle est vue parfois comme la fin des temps.    Dans un livre très intéressant, très complet et particulièrement bien documenté, l’historien Michel Winock poursuit et enrichit, dans un style agréable, son abondante production (François Mitterrand, NB mai 2015). S’appuyant avec finesse sur les auteurs de tous bords tels Huysmans, Zola, Déroulède, Bourget, Jarry ou Jaurès, il montre combien la fin du siècle fut ressentie comme « inondée d’ennui, d’incertitude et de pessimisme ». Tout s’effondrait parce que tout bougeait. Si le régime républicain s’est finalement imposé face à ses opposants, au premier rang desquels les catholiques, la nouvelle société paraissait médiocre, dépourvue de « héros » et rongée par la corruption. Si l’on considère sciences et arts, la conclusion est différente. (J.M.)