Cripple Creek

SALLIS James

Turner s’installe dans une petite ville du sud des États-Unis où il tente de retrouver un équilibre affectif et professionnel. Le lecteur découvre au fil des chapitres desurprenantes tranches de sa vie : policier, condamné à onze ans de prison, psychothérapeute. Sa personnalité, ses questionnements sont relayés par des personnages secondaires dont la psychologie et l’histoire personnelle se dessinent par touches successives alors que l’auteur décline un suspense en demi-teinte.

 

Peu importe l’intrigue – un règlement de comptes obscur entre le héros et des mafieux –, la pertinence de ce roman policier réside dans l’ambiance créée par James Sallis (cf. Bluebottle, NB janvier 2005). Très concise, son écriture surprend, donnant au lecteur le sentiment d’être au coeur d’un film dont les décors et les acteurs ont une présence quasi réelle alors qu’ils ne sont que suggérés. Des tournures elliptiques servent l’intrigue et la personnalité déroutante du héros. L’absence de cohésion du récit est déconcertante mais les valeurs d’amitié, de justice, d’amour qui lient les personnages entre eux feront apprécier ce roman à l’atmosphère très particulière.