Coltrane A Love Supreme

PARISI Paolo

On suit la trajectoire de John Coltrane, l√©gende du jazz depuis son entr√©e dans le groupe de Dizzie Gillespie jusqu’√† l’enregistrement du po√®me A Love Supreme, en passant par ses collaborations fructueuses avec Miles Davis ou Eric Dolphy. Un instantan√© de l’Am√©rique noire r√©volt√©e des ann√©es 50 et 60 : le son, les femmes, la drogue, la fraternit√©, le racisme, la politique…

Adaptant la vie du saxophoniste √† la structure de son album le plus fameux, cet album noir et blanc retient d’abord l’attention par son parti pris esth√©tique et narratif visant √† l’impossible: rendre tangible l’exp√©rience musicale par le dessin. Le r√©cit, elliptique, rythm√©, tendu, sans chronologie, est cependant alourdi par une certaine solennit√©, une fascination st√©rile de l’auteur pour ses protagonistes. Une limite que l’on retrouve malheureusement au niveau du graphisme, a priori d’une subtile na√Įvet√©, aux trac√©s minimalistes, mais qui rapidement c√®de √† la pose, par trop d’effets (gros plans sur-expressifs, effets d’√©chelle…). Manque un zeste de sagesse, de sens de la mesure. Il y a du rythme, de la syncope, de la finesse aussi, par exemple dans l’√©pisode du sevrage √† l’h√©ro√Įne, mais l’auteur est comme √©cras√© sous le poids de la l√©gende.¬†