Citoyens clandestins

DOA

On aimerait bien savoir qui se cache sous le mystérieux pseudonyme D.O.A. On subodore que l’auteur est très au fait des rouages des différents services secrets et policiers français dont les rivalités et la soumission aux politiques constituent l’un des points essentiels de ce thriller passionnant. En 2001-2002, ces services sont avertis du retour clandestin d’un produit neurotoxique mortel fourni autrefois à l’Irak par la France et tombé aux mains de redoutables fanatiques islamistes. La chasse commence, chacun agissant pour sa propre paroisse avec des motivations contradictoires. Une foultitude de personnages – répertoriés en fin de volume – et quelques pages inutiles rendent l’intrigue de ce gros roman un peu complexe, mais on est vite pris dans l’engrenage terrifiant de cette course contre la montre. D’autant que l’écriture est fluide et que les portraits psychologiques des trois personnages centraux – une journaliste en mal de reconnaissance sociale, un agent secret à la limite de la schizophrénie, et un fils de harki infiltré depuis trop longtemps dans le camp islamiste – sont assez finement campés.