Autrefois, Diana

PREDALI Jean-Baptiste

À Borgu-Serenu, en Corse, où se déroulait aussi Une affaire insulaire (NB avril 2003), le narrateur encourt la réprobation de sa mère et l’hostilité de la ville pour avoir accepté de classer la bibliothèque d’une aristocrate lettrée, riche et honorée, soeur d’un puissant sénateur. Consultant archives, anciens communistes, tenancière de bordel ou un vieil admirateur de la dame, l’étudiant exhume un passé de haines et de luttes fratricides, reçoit menaces et coups car il dérange. Lors de la dernière guerre, l’occupation fasciste italienne a divisé la ville entre collaborateurs et partisans, suscitant dénonciations, trahisons puis magouilles et injustices que la Libération a aggravées. Aujourd’hui encore le richissime notaire domine la ville.  L’auteur, journaliste politique (France 2), trop jeune pour avoir connu cette époque troublée dépeinte ici avec noirceur, recrée bien l’atmosphère de rancoeur et d’aversion qui semble régner sur l’Île. Dans ce roman noir trop ambitieux, les personnages sont bien campés, presque caricaturaux, mais la complexité de l’écriture et du récit, passant du passé au présent, du réel à l’irréel, d’un caractère à l’autre, est lassante.