Aigre-doux

N'SOND√Č Wilfried

On lui a encore demand√© d’o√Ļ il venait. La faute aux autres, √† sa couleur de peau qui trahit un ailleurs ? En tout cas, la fois de trop car il a laiss√© la rage le d√©border au point de s’emporter contre la seule qui l’accepte comme il est mais qui ne semble pas comprendre le coeur de sa r√©volte. Alors, il laisse les mots d√©voiler l’intensit√© de son aigreur rest√©e trop longtemps en travers de la gorge, de ses doutes et de sa vuln√©rabilit√©. Une adresse √† cette autre dont il attend d√©sesp√©r√©ment qu’elle lui tende de nouveau la main.¬†D√®s les premi√®res lignes, transpara√ģt l’urgence des mots et des maux qui semblent sortir √† la vol√©e. Se d√©ploie une parole plurielle, tour √† tour en col√®re, paniqu√©e, vuln√©rable qui trahit la violence ressentie par un jeune Fran√ßais issu de l’immigration, constamment rappel√©, r√©duit √† ses origines. Une √©criture incisive, rythm√©e comme une partition musicale compos√©e √† partir d’une respiration haletante. Un cri du coeur percutant sur l’identit√© des jeunes Fran√ßais de l’immigration, pi√©g√©s √† leurs d√©pens dans le regard des autres. (P.E. et C.B.)