1988 : je voudrais discuter avec le monde

HAN HAN

Un jeune Chinois de la classe moyenne raconte son voyage dans le pays avec sa vieille voiture baptisée 1988, année de sa construction. Il rencontre Nana, gentille prostituée. Ils sont arrêtés par des policiers corrompus qui les relâchent moyennant finance. Il apprend alors que Nana est enceinte ; il veut l’aider, mais cela  l’entraîne dans des complications extrêmes. Pendant leurs pérégrinations, il se remémore son enfance, son adolescence obsédée par les filles, sa décision de devenir journaliste… Dans Blogs de Chine (NB novembre 2012) l’auteur regroupait des chroniques, parfois acerbes, sur son époque. Ici – le narrateur est son double –, il remonte dans le temps pour rappeler ses souvenirs de jeunesse. Le récit va et vient au gré des rencontres, en parallèle à l’errance du héros dans la province chinoise. Le ton est calme, les références à l’actualité anodines : Han Han se garde de toute critique frontale des autorités. Son histoire pourrait se dérouler presque n’importe où ; assez banale, écrite dans une langue familière, semée de dialogues, avec quelques éclairs d’humour, elle laisse peu de traces.