Une absence totale d’instinct

GRIMBERT Sibylle

Cynthia est partie pour New York car elle avait le sentiment d’avoir raté sa vie à Paris. Entretenue par ses parents, elle avait essayé d’écrire, mais c’est Vincent, son ami, qui avait été publié. Elle rencontre Lise qui a vécu avec ce Vincent : incapables d’avoir des rapports sereins, ils se sont séparés, leur réussite sociale n’aura duré que le temps de quelques dîners. Les personnages s’interrogent beaucoup sur eux-mêmes et leurs relations aux autres. Ils n’ont pas l’instinct du bonheur et l’histoire n’avance guère. Cette valse-hésitation de trois enfants gâtés et oisifs peut agacer le lecteur.

 

Par contre, le style fluide et classique décrit avec subtilité les états d’âme de ces gens médiocres. Sibylle Grimbert semble connaître ce milieu de pseudo-écrivains tournant en rond dans des mondanités sans intérêt. Dans Il n’y a pas de secret (NB novembre 2004), elle décrivait déjà des êtres en souffrance.