Tous les Funes.

BERTI Eduardo

De menus d√©calages avec le r√©el donnent vite l’impression de circuler dans un r√™ve, peut-√™tre celui du h√©ros, ce vieux professeur modeste et fatigu√© qui prend le train pour Lyon. Il s’y rend √† un congr√®s traitant de litt√©rature sud-am√©ricaine, dont il est sp√©cialiste. Veuf inconsolable, il travaillait avec sa femme sur le nom d’un personnage, Funes, apparaissant plusieurs fois dans l’oeuvre de Borges, mais aussi chez Cort√°zar ou peut-√™tre Bioy Casares, d’autres encore‚Ķ Lui-m√™me s’appelle Funes, tout comme le docteur appel√© pour son soudain malaise. Le r√™ve d√©rive, ses coll√®gues exploitent √† sa place son sujet de recherche Tous les Funes, et son √©tat s’aggrave rapidement, malgr√© les tendres soins d’une po√©tesse chilienne.

 

Le lecteur flotte all√©grement sur ces m√©andres onomastiques, suit le professeur de gare en taxi, en restaurant, en d√ģner, en lit d’h√ītel, rencontre des personnages √©tonnants, un aveugle entre autres (plaisante r√©f√©rence √† Borges) et se r√©jouit de cet exercice litt√©raire onirique √©crit en ab√ģme, dans la belle veine des illustres pr√©d√©cesseurs, alliant l’humour, l’√©rudition et la simplicit√© l√©g√®re du r√©cit. (cf. Le d√©sordre √©lectrique, NB mai 1999).