Torrentius

THIBERT Colin

Colin Thibert, scénariste pour la télévision, fasciné par le destin d’un peintre talentueux et épicurien du XVIIe siècle dont il ne subsiste qu’un tableau à Amsterdam, invente une biographie passionnante à partir de maigres indices. Johannes van der Beeck signe sous son nom de fines gravures pornographiques et sous le pseudonyme de Torrentius des natures mortes dépouillées. À Haarlem, ville austère des Pays-Bas, il mène une vie somptueuse et dissolue. L’émissaire du roi d’Angleterre, féru d’art, lui commande un tableau. Mais un bailli retors le traîne en justice pour ses frasques et blasphèmes. Le peintre choisit la torture plutôt que de renoncer à ses convictions libertaires. Il ne s’en remettra pas, même si ses amis le font évader vers l’Angleterre. Il ne travaille plus, mais continue à mener grand train et retourne misérable aux Pays-Bas où l’attendent ses bourreaux. La description de l’intransigeance obtuse et cruelle des représentants de l’Église et le portrait d’un homme flamboyant et autodestructeur sont d’un réalisme exceptionnel. (L.G. et A.Be.)