Shalimar le clown.

RUSHDIE Salman

Au Cachemire,  le couple de Boonyi et Shalimar vit d’amour tendre. Mais Boonyi, pour échapper à la vie au village qui l’étouffe, part avec l’ambassadeur américain Max Ophuls. Le scandale les sépare, Bonnyi, enceinte, rejetée, accouche d’une fille. India, l’enfant élevée en Californie par l’ambassadeur, a vingt-quatre ans lorsqu’il est assassiné par son chauffeur, dont elle découvre qu’il est le mari de sa mère. Une fin dramatique laisse India solitaire.

 

À la façon de ses précédents ouvrages (Furie, NB novembre 2001) Salman Rushdie emporte le lecteur dans un tourbillon effréné de personnages, d’aventures, de récits et de légendes qu’on suit comme on peut. Le déferlement de mots, dont on devine le sens malgré l’absence de lexique,  l’entrecroisement des intrigues font un tissu que, malgré tout, on arrive à comprendre, tant il a su rendre vivants ces héros, terroristes, simples villageois ou militaires, mêlant très humainement  faiblesse et courage, crime et sublime. Ce foisonnement, très indien, sert de cadre à une analyse approfondie de la naissance et du développement du terrorisme, islamiste en particulier. Une excellente première moitié fait regretter une certaine lourdeur dans la partie plus proprement politique.