Ma drĂŽle de chambre

ROMANO HĂ©lĂšne, DAY Adolie

Une chambre de rĂȘve semble-t-il, avec des draps bleus toujours propres et une table de nuit oĂč ranger son petit bazar. Et surtout une chambre pour soi tout seul, pas comme Ă  la maison. Question, oĂč est-il cet enfant si chanceux ? RĂ©ponse, dans une chambre d’hĂŽpital, et depuis un certain temps, avec une fenĂȘtre pour seul regard sur l’extĂ©rieur.  La maladie n’est pas nommĂ©e, mais on la dit maligne, qui touche les cellules. L’enfant aimerait en savoir plus, voir les autres pleurer plutĂŽt que cacher leur tristesse, accepter ses larmes aussi, comprendre ses angoisses. Par chance il sait s’inventer un monde d’aventures : avec les fils qui le relient Ă  des Ă©crans, ses tĂ©lĂ©commandes, il se voit dans un vaisseau spatial. Son matelas flotte sur les vagues ; en capitaine courageux de ce bateau, il affronte tous les dangers. Pour parler du vĂ©cu d’un enfant en chambre stĂ©rile, cette alternance de rĂ©flexions et d’évasion par l’imagination est judicieuse ; tout est traitĂ© avec tact. Le trait simple du dessin dit l’essentiel sans personnaliser l’enfant. HĂ©lĂšne Romano, psychologue, spĂ©cialiste des traumas de l’enfant, a dĂ©jĂ  abordĂ© chez le mĂȘme Ă©diteur le thĂšme des attentats et celui du suicide d’un parent. (A.-M.R. et A.E.)