Les essuie-glaces.

BAUDOIN Edmond

&&&

 

Le chant des Baleines (N.B. mars 2005) avait laiss√© un go√Ľt d√©sesp√©r√© de morne solitude. Le lecteur pouvait craindre de replonger ici dans le m√™me univers sombre d’une introspection sans issue. Avec soulagement, il d√©couvre un ouvrage original dans lequel l’auteur se raconte √† travers deux itin√©raires qui se m√©langent et interagissent tout au long de l’album. Dans l’un, il raconte √† une jeune femme, rencontr√©e par hasard, son dernier voyage effectu√© avec des amis √† travers le Canada. Il lui d√©crit, avec une po√©sie pleine de d√©licatesse, l’√©volution du groupe tout au long du p√©riple devenu initiatique pour lui. Dans l’autre, il exprime dans une seule et large case horizontale en bas de planche, ses questionnements sur l’amour, la mort, la v√©rit√©, le pass√©‚Ķ

 

Les personnages vivent, sourient. Les cases aux dessins souvent √©bauch√©s mais √©vocateurs s’√©clairent d’une aquarelle discr√®te, de couleurs qui savent devenir gaies. Les textes, nombreux mais √† l’√©criture facile et belle, ne sont pas pesants. Une fois l’album referm√©, le lecteur ressent qu’un beau cadeau, parfois difficile mais plein d’humanit√©, vient de lui √™tre confi√©.