Les dollars des sables.

PANCRAZI Jean-Noël

Saint-Domingue : paradis ou enfer de misère ! deux mondes s’y côtoient, s’y rencontrent et parfois s’y exploitent. Attirés par le soleil, le sable, la mer chaude, hommes et femmes argentés atterrissent à Portillo, passent quelques semaines à La Loma. Au bord des plages, c’est le ballet des “motoconchos” : de jeunes Noirs pleins de vitalité promènent ces “vieux” lorgnant leurs charmes, contre quelques pesos, puis la dépendance réciproque s’installe. Au désir de jouissance, au besoin de croire que l’âge mûr n’est pas un obstacle à l’amour répond l’impérieuse volonté de se procurer cet argent rare, si nécessaire pour donner forme au rêve d’une autre vie, d’un ailleurs.  L’auteur de Tout est passé si vite (NB octobre 2003) décrit avec finesse la beauté des sites, l’exagération des passions, l’ambiguïté des sentiments. La banalisation du tourisme sexuel, de l’homosexualité et de la pédophilie, révèle avec subtilité la perniciosité de ces amours pathétiques. Un livre dérangeant.