Les aventures de M. Smith

CRACE Jim

La quiétude précaire et bien ordonnée d’un misérable petit port anglais est perturbée en novembre 1836 par l’arrivée d’étrangers. Un bateau américain endommagé par la tempête lâche dans la ville une bonne quinzaine de matelots désoeuvrés alors que le riche propriétaire d’une savonnerie londonienne débarque du vapeur côtier. Il vient expliquer à la population qu’il n’aura plus besoin de la potasse qu’elle obtenait en brûlant des algues.  Wherrytown est terne, sans aucun agrément, c’est néanmoins une ébauche de paradis fruste et fraternel, la misère est présente sans être obsédante, l’émoi et l’hostilité suscités par le débarquement d’un esclave noir, considérables. L’attendrissant porteur de mauvaises nouvelles, pédant et gauche, en dépit de sa bonne volonté, de son désir de plaire, n’attire aucune sympathie. Et pourtant, même pour lui, ces quelques jours seront enrichissants. Pour notre plaisir, le pittoresque et l’humour sont au rendez-vous. Le pasteur intolérant, l’hôtelière souvent rêche, mais au lit accueillant, le tyranneau local, escroc et paternaliste, le capitaine, autocrate obtus, etc., tous sont décrits d’un trait savoureux.