Les amants de pierre.

URQUHART Jane

Au Canada, dans un village de l’Ontario fondé par des catholiques bavarois, vit Klara, petite-fille d’un menuisier, sculpteur sur bois. Excellente couturière comme sa mère, prématurément disparue, Klara apprit à sculpter comme son frère Tilman. Eamon, Irlandais timide et naïf, s’éprend de la jeune fille, veut l’épouser mais, subitement attiré par l’aviation, s’engage dans la Grande Guerre dont il ne reviendra pas. Tilman revient amputé et cependant moins brisé que les autres, ses années de vagabondage à travers le Canada l’ayant mieux armé pour résister. Le frère et la soeur partiront pour la France travailler auprès d’Allward, le sculpteur chargé de réaliser à Vimy un monument commémorant les morts canadiens.

L’évocation de la nature, belle mais hostile, des immigrants courageux ou des ouvriers italiens chaleureux est réussie. En créant des personnages attachants ou pittoresques, en soulignant l’importance du souvenir, le rôle de l’art et de la création comme remède aux traumatismes, l’écrivain séduit malgré la longueur (il y aurait matière à plusieurs romans), grâce à son écriture précise, déjà remarquée dans Le peintre du lac (N.B. déc. 1998).