Le vent de la lune

MUÑOZ MOLINA Antonio

Dans un bourg d’Andalousie, en 1969, un jeune garçon, le narrateur, s’enthousiasme pour le départ des hommes vers la lune. Le temps s’est immobilisé dans la maison sans confort où il vit. Son père, horticulteur, voudrait le voir travailler la terre, mais lui n’aime que les livres qui parlent de voyage et surtout cette conquête de l’espace qui le fascine. L’arrivée de la télévision a changé sa vie ; seul devant l’écran, il se sent fouler le sol lunaire.  S’il y a incompréhension entre l’adolescent et sa famille, cela ne débouche jamais sur le drame et n’exclut pas une tendresse souvent maladroite. En toile de fond, les blessures laissées par la guerre civile, évoquées avec pudeur, sous-tendent les relations à l’intérieur du quartier. Le charme de l’ouvrage tient au contraste entre les coutumes ancestrales qui rythment la vie de l’adolescent et sa découverte émerveillée des techniques modernes, et à l’opposition entre les envolées lyriques de ses rêves et les petits incidents d’une existence monotone. En lisant cette histoire originale, au style incomparable, chacun partage les passions, les émotions de l’adolescent et ne peut qu’admirer le talent subtil encore une fois renouvelé de l’auteur (cf. En l’absence de Blanca, N.B. mars 2004).