Le monde en feu : violences sociales et mondialisation

CHUA Amy

Professeur à Yale, ancienne de la Banque Mondiale, originaire de la minorité chinoise des Philippines, Amy Chua est qualifiée pour analyser certaines situations désastreuses issues de la mondialisation. Lorsque, dans un pays, une minorité économiquement dominante profite exagérément du système de marché, les inégalités, déjà excessives, s’accentuent : Chinois aux Philippines et en Indonésie, Indiens en Afrique orientale, diverses ethnies ailleurs. Si la démocratie y est simultanément introduite, des leaders démagogues attisent souvent haines ethniques et ressentiment social, provoquant violences et massacres.

 

L’auteure dénonce la manière dont Occidentaux et FMI prônèrent ces systèmes. Elle reconnaît leur valeur, à condition de les corriger par la redistribution, des contrepoids juridiques, une éducation à la démocratie… En Occident, démocratie et marché n’ont pu coexister qu’après de laborieuses transformations. L’antiaméricanisme planétaire et l’ethnonationalisme sont bien analysés. L’utilisation d’une grille de lecture unique conduit parfois à des rapprochements hasardeux et l’omission de l’élément culturel est regrettable. La multiplicité d’exemples entraîne maintes répétitions. Cependant l’éclairage apporté reste capital. Publié en 2003, cet ouvrage est prémonitoire.