L’avenir ne s’oublie pas.

MOUSTIERS Pierre

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Jérôme Lambert, le narrateur, évoque quarante ans plus tard le procès d’Henriette Caillaux à Paris qu’il a suivi en 1914 en tant que jeune journaliste. Henriette Caillaux est accusée d’avoir assassiné Gaston Calmette qui avait publié dans « Le Figaro » des articles qu’elle jugeait calomnieux sur elle-même et son mari, le ministre Joseph Caillaux. Le procès se déroule alors que la menace d’un conflit en Europe se précise. Au travers de ces événements, Jérôme revient sur son comportement d’alors : ses relations de travail et familiales, et confronte sa jeunesse, marquée par la guerre d’où il revient blessé, à sa vie actuelle.

 

L’écriture magnifique et l’art de l’évocation de Pierre Moustiers (Le dernier mot d’un roi, N.B. juil. 2003) sont à nouveau réunis dans ce roman qui mêle intelligemment faits historiques et fiction. Il fait vivre d’une manière intense ses personnages et en analyse subtilement la psychologie. On est plongé dans l’ambiance de l’époque. Les réflexions du narrateur sur l’évolution de sa propre personnalité et l’empreinte du temps sont rendues avec beaucoup de densité.