L’arbre et le fruit

CHABAS Jean-François

Jewell est inqui√®te en ne trouvant plus sa m√®re Grace √† la maison. Celle-ci a √©t√© intern√©e en h√īpital psychiatrique. L’a√ģn√©e des enfants se doit alors de compenser l’absence maternelle, et de veiller sur sa jeune soeur Esther, en la prot√©geant surtout d’un p√®re malfaisant. Cet homme, qui donne l’apparence de la courtoisie en public, est un pervers violent qui insulte et maltraite quotidiennement Jewell et sa m√®re. Chacune va trouver la force d’une √©chappatoire √† une situation toujours plus angoissante. ¬†Dans un huis clos qui laisse une impression de malaise, l’auteur aborde un sujet terrible, qu’il a lui-m√™me v√©cu, celui de la violence familiale physique et morale. Elle touche ici un milieu plut√īt favoris√©, nullement √©pargn√© par ce fl√©au. Au contraire, par honte ou peur des repr√©sailles, la souffrance est tue par les victimes. On passe alternativement de l’incarc√©ration psychiatrique, qui conduit √† la folie ou au suicide, √† l’enfermement angoissant dans une maison qui n’offre pas la s√©curit√©. Des relents de racisme et d’antis√©mitisme ponctuent ce r√©cit poignant et bouleversant. (M.-C.D. et M.-J.C.)