La brigade de l’oeil

GUÉRAUD Guillaume

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Rush Island, 2037. Sous la dictature de l’impĂ©ratrice Harmony, la Brigade de l’oeil veille Ă  faire respecter la loi Bradbury : toute image est interdite. Interdit d’en voir, d’en possĂ©der, d’en produire, d’en diffuser
Tout contrevenant se verra crever les yeux. Kao, quinze ans, en se livrant Ă  un trafic d’images clandestines, tombe sur une mine de vieilles bobines de films cachĂ©es chez une vieille femme. Il en informe les rĂ©sistants cachĂ©s dans les entrailles du cimetiĂšre. Une expĂ©dition est montĂ©e pour rĂ©cupĂ©rer le butin…

Roman noir, d’anticipation proche, qui extrapole les heures sombres de l’Histoire, passĂ©e ou prĂ©sente, et fait rĂ©flĂ©chir Ă  une censure qui, Ă  rendre les images responsables de tous les maux de la sociĂ©tĂ©, en viendrait Ă  mettre en place une dictature. DĂ©truire les images c’est tuer une culture avec ses dĂ©rapages, mais aussi ce qu’elle transmet de la beautĂ©, du passĂ©. C’est tuer la mĂ©moire et rendre le peuple aveugle. La rĂ©sistance est faible face Ă  une dictature, Ă  la torpeur qu’elle engendre chez les citoyens dont les sursauts sont souvent trop tardifs. Le style a un rythme saccadĂ© qui tient en haleine et l’écriture, trĂšs cinĂ©matographique, crĂ©e des images impressionnantes. Les rĂ©fĂ©rences culturelles n’empĂȘchent pas de profiter de l’intrigue.