Los Pozos, un petit village de Patagonie argentine, entre les années 1950 et 80. Eliseo, sa mère et sa sœur y ont trouvé refuge, à distance du père, dans la maison grise de leur enfance. Déracinés, sans accueil chaleureux, chacun s’adapte comme il peut. Le destin d’Eliseo, « le contraire d’un vilain garçon ou d’un sportif » est tout entier scellé après un premier match de foot à l’école où, sans rien connaître du jeu, il joue comme personne…
Eduardo Berti raconte la vie de ce gamin devenu star malgré lui . Vrai ou faux ? La réponse, d’un clic sur Internet : vrai ! Et nous lisons, avec un intérêt renouvelé à chaque nouvelle rencontre, le parcours extraordinaire d’un joueur exceptionnel, tombé dans les oubliettes. Pas de narrateur omniscient, pas de garant de l’authenticité des souvenirs des protagonistes interrogés par une équipe de tournage fictive préparant un biopic sur le héros argentin. Alors vrai ou faux ? Qu’importe, si le récit de la vie d’Eliseo est prétexte à décrire la métamorphose d’un petit village endormi, pris de ferveur au rythme du rituel qui construit leur mythe fondateur ? Qu’importent les épisodes qui ajoutent, dès l’ouverture, à l’image iconique du sportif le mélodrame d’une vie privée romanesque. Réalité ou fiction ? L’une sert l’autre, dans la liberté de l’écriture. (C.B et J.G)
