Debout dans le tonnerre

PELOT Pierre

Emmeline a quinze ans et vit à Magnolias, une plantation de cannes à sucre en Louisiane. Elle découvre et recopie le journal de sa grand-mère, une aventurière née en France, arrivée en 1756. Alternant avec ce récit, quelque vingt ans plus tard, l’adolescente au caractère bien trempé raconte sa vie de sauvageonne et son amour fou pour Vicente, le fils de la maison.   Dès les premières pages, le style de Pierre Pelot, écrivain prolifique, (Givre noir, NB juin 2012) déploie toute sa séduction ; « dans l’air épais flottaient des effluves verts de vase poivrée », les oiseaux se taisent, le silence est étrange, la scène distille un mystère et pose une question : est-ce le début ou la fin d’une histoire ? C’est là tout le talent d’un auteur qui se plaît à intriguer d’abord, à raconter ensuite. Peu de dialogues, de très longues descriptions et une âpreté dans le langage exprimant l’indomptable énergie qui émane du récit et la violence qui fait trembler le pays des bayous en ces temps d’esclavage et de guerre d’indépendance. L’écriture, métissage savoureux de cajun et d’ancien français, donne un ton très personnel à ce roman dense et foisonnant. (V.M. et M.S.-A.)