Alaska

NICOLE Eugène

1966. Son amie l’ayant abandonné, il lui fallait fuir Port-Cros. Il s’échappe donc « ailleurs », « là-haut », pour neuf mois : à l’université de Fairbanks, en Alaska, dans ce pays où une inspiration un peu forte peut vous geler les poumons. Quarante ans après, le narrateur se remémore cette période de sa vie, comme celle d’un autre, lointain. Ce récit tisse la découverte du grand froid avec des bribes de souvenirs de son amour méditerranéen et le lecteur ne navigue pas toujours facilement dans l’imaginaire du personnage. Entre la jeune pianiste qui butte inévitablement sur la même mesure, les deux vieilles cousines qui sont les seules à parler encore eyak et la jeune lectrice française disparue, il côtoie une pléiade de personnages hauts en couleur. Il semblerait qu’Eugène Nicole, professeur de littérature française, s’appuie sur un séjour qu’il a lui-même fait en Alaska, lorsque la grande nuit d’hiver fragilise le moi et que le cauchemar n’est pas seulement nocturne. Un livre burlesque, original, rempli d’allusions culturelles, littéraires et artistiques, un voyage au centre de soi-même, un peu complexe.