Mon refuge et mon orage

ROY Arundhati

NĂ©e dans une famille dysfonctionnelle, d’un pĂšre fantasque et alcoolique, gĂ©rant une plantation de
thĂ©, et d’une mĂšre Ă©nergique, Arundhati Roy est chassĂ©e de l’Assam par la guerre sino-indienne ; son pĂšre disparaĂźt. RĂ©fugiĂ©e au Kerala, dĂ©terminĂ©e et bravant les prĂ©jugĂ©s, sa mĂšre crĂ©e une Ă©cole mixte originale et dĂ©fend l’égalitĂ© des femmes. Fuyant celle-ci, Arundhati suit des Ă©tudes d’architecture, menant ensuite une vie chaotique qui la conduit au CinĂ©ma, puis Ă  l’Écriture. AprĂšs le succĂšs planĂ©taire de son premier roman, elle s’engage dans diverses causes.

Ce rĂ©cit trĂšs bien traduit, hymne d’admiration Ă©perdue pour une mĂšre forte, mais injuste et impitoyable avec ses enfants, est aussi une forme de roman, tant la vie d’Arundhati Roy brille de romanesque, et tant son talent narratif fait d’humour, de luciditĂ© et d’imaginaire, confĂšre Ă  cette autobiographie un caractĂšre de fresque de l’Inde depuis 1960. Sensible, moqueur, dĂ©capant, vĂ©hĂ©ment, le livre touche par la formidable empathie de l’auteure, notamment pour prĂ©server l’affection qu’elle voue Ă  sa mĂšre, au-
delĂ  de la considĂ©ration, et d’une Ă©vidente proximitĂ© de caractĂšre. C’est un extraordinaire tĂ©moignage de cette grande dame aux semelles de vent, toujours en fuite, gĂ©nĂ©reuse contre les injustices, portĂ©e par sa puissante autodĂ©rision, son immense tolĂ©rance, son imaginaire fertile et son sens du Beau. (D.M.-D. et A. Le.)